Bonjour à tous ! Je reviens tout juste d’une semaine de voyage à Cracovie, au sud de la Pologne, et c’était super ! J’ai envie de vous faire découvrir ce pays à visiter et à connaître, ainsi que les visites qui m’ont le plus plu à Cracovie et dans les alentours de la ville.

A savoir sur Cracovie

Un peu d’histoire pour commencer…

Datant du VIIème siècle, c’est une des villes les plus anciennes et les plus importantes de Pologne, dont le patrimoine architectural est très bien conservé. La ville historique se situe au pied de la colline du château de Wawel. Cracovie était, du XIème à la fin du XVIème siècle et avant Varsovie, la capitale de la Pologne.

En 1978, le centre historique de Cracovie a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Elle a été capitale européenne de la culture en 2000. Cracovie sera l’hôte des Journées mondiales de la jeunesse en 2016.

Situation géographique

Cracovie est la deuxième ville de Pologne. Elle est peuplée de 38,5 millions d’habitants, située sur le fleuve de la Vistule, tout au sud de la Pologne, non loin de la frontière avec la République Tchèque et la Slovaquie. Voici une carte de la Pologne pour vous aider à bien situer :

Carte de Pologne

La monnaie : Le zloty

Bien que faisant partie de l’Union Européenne, la Pologne n’est pas encore passée à l’euro. Cela est d’ailleurs prévu pour prochainement, en 2016 en théorie. Actuellement, la monnaie utilisée est donc le zloty, sachant qu’un euro correspond à peu près à 4 zlotys.

Voiture Ford recouverte de pièces de 1 zloty
Voiture Ford recouverte de pièces de 1 zloty

De manière générale, le coût de la vie est bien plus faible qu’en France, notamment pour les restaurants où le prix affiché en zloty correspondait au prix qu’on se serait attendu à payer en euros ! A condition bien sûr de ne pas manger dans les restaurants situés sur les grandes places touristiques, où les prix sont élevés pour les touristes.

On observe le même schéma pour le coût de l’alcool, la bière en particulier. C’est d’ailleurs apparemment en Pologne qu’on trouve la pinte (0,5 litres) la moins chère de toute l’Europe.

Les visites à effectuer à Cracovie

J’ai donc passé une semaine à Cracovie et j’ai fait des visites quasiment toi les jours. La durée d’une semaine me paraît optimale pour tout voir, prévoyez en tout cas d’y rester au moins 5 jours pour que ça vaille le coup. Pour se déplacer et visiter, j’ai surtout pris le bus qui dessert bien Cracovie et ses alentours. Vous aurez un ticket de bus pour Cracovie et sa banlieue pour 4 zloty, soit 1 euro.

Voici donc les visites que j’ai effectué à Cracovie et qu’il ne faut pas manquer si on va dans le coin :

Le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau

La ville d’Auschwitz, appelée Oświęcim en polonais, a été le théâtre d’une grande tragédie mondiale. En effet, c’est ici que les nazis durant la second guerre mondiale ont établi le plus grand camp d’extermination du IIIème Reich. Aujourd’hui, le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau se visite afin de permettre au monde de se souvenir de ce qui s’y est déroulé. Symbole majeur de l’Holocauste, ce lieu tragiquement connu reflète la barbarie nazie et est aujourd’hui un lieu de mémoire. C’est l’un des lieux les plus fréquentés de Pologne, avec 500.000 visiteurs par an.

Il est impossible de déterminer le nombre exact des victimes car les SS ont détruit le plus de documents possibles avant d’abandonner le camp afin de masquer les crimes qui y ont eu lieu. Malgré tout, on estime qu’environ 1,5 millions de personnes ont été assassinées, dont 90% des juifs, entre 1940 et 1945.

Camp de travail, camp de concentration puis camp d’extermination, on compte parmi les victimes d’Auschwitz des juifs, des tziganes, des homosexuels, des communistes, des prisonniers de guerre, des résistants, des criminels…

Camp de concentration d'Auschwitz

Auschwitz I

Le camp d’Auschwitz I, le plus célèbre, fut ouvert par les nazis en 1940. C’est dans ce camp que les nazis élaborèrent et testèrent le gaz utilisé dans les chambres à gaz, le Zyklon B.

C’est dans ce camp qu’on retrouve l’essentiel de l’exposition avec des salles toutes plus terribles les unes des autres, présentant divers objets ayant appartenu aux déportés, que les nazis n’ont pas eu le temps de se débarrasser avant la libération. Personnellement, le plus difficile pour moi a été la visite de la salle qui contient des cheveux coupés au victimes à leur arrivée au camp. Si vous désirez visiter Auschwitz, je vous conseille de bien vous y préparer avant psychologiquement.

Camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau

Auschwitz II-Birkenau

Une navette vous conduit au deuxième camp, celui de Birkenau. Ce camp gigantesque, largement détruit par les nazis avant leur fuite, fut une véritable usine de la mort. C’est dans ce camp que l’extermination de juifs et tziganes a été planifiée et mise en place. Créé en octobre 1943, à 3 kilomètres du camp principal, plus de 100.000 personnes y étaient incarcérées en permanence.

Le camp de Birkenau était un véritable camp d’extermination où 90% des personnes qui arrivaient au camp étaient directement exterminaient. Les autres restaient en vie dans des conditions inhumaines pour accomplir du travail forcé. Les prisonniers étaient amenés jusqu’à l’intérieur du camp via une voie ferroviaire qui pénétrait à l’intérieur. Un même wagon pouvait contenir jusqu’à 80 personnes.

Ce camp d’extermination représente l’industrialisation de la mise à mort qu’avaient mis en place les nazis.

Camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau

Au fond du camp, à proximité de là où étaient les fours crématoire, se dresse un monument en hommage aux victimes du camp ainsi que des plaques, traduites dans 27 langues avec l’inscription suivante :

« Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants, en majorité des juifs de divers pays d’Europe, soit à jamais pour l’humanité un cri de désespoir et un avertissement ».

Hommage aux juifs à Auschwitz-Birkenau

Les mines de sel de Wieliczka

Les mines de sel de Wieliczka sont visitées chaque année par près d’un million de touristes. Et pour cause, cette mine de sel exploitée depuis le XIIIème siècle et inscrite au patrimoine mondiale de l’UNESCO est unique au monde. Tout est en sel à l’intérieur : la décoration avec des sculptures et des bas-reliefs et les pièces, du sol au plafond.

A l’époque de l’exploitation du sel, ce dernier était alors appelé “l’or blanc”, sa valeur dépassant celle de l’or jaune. En effet, le sel était un produit de luxe permettant de conserver les aliments. Les mines de sel étaient donc l’une des principales sources de richesse des rois polonais.

La mine de sel de Wieliczka est entièrement souterraine et s’étend sur 300 kilomètres sous le sol, en 9 niveaux. Seuls les 3 premiers peuvent être visités, permettant aux touristes de descendre jusqu’à 135 mètres de profondeur. Rassurez-vous, bien que la descente se fasse par des escaliers, la remontée se fait aujourd’hui via un ascenseur – Vive le progrès !

Mines de sel de Wieliczka
Source image : Seekrakow

Durant la visite, on parcourt un véritable labyrinthe de salles et de couloirs, tous taillés dans le sel et décorés à la main par les artisans. La plus belle salle est de loin la chapelle de la Sainte Kinga, la patronne des mineurs (voir photo ci-dessus). Creusée entre 1895 et 1927, cette véritable cathédrale souterraine de 54 mètres de long et 12 mètres de haut est ornée de lustres en cristal et de nombreux bas-reliefs et autels sculptés.

Le château de Wawel

Le château de Wawel, situé en haut de la colline du même nom, se présente dans toute sa splendeur depuis sa cour intérieur. On y admire notamment la cathédrale de Wawel.

Cour du château de Wawel

Edifié originairement au XIe siècle par le duc et futur roi Boleslav le Vaillant, au XIVe siècle le roi Casimir III le Grand fit transformer le château en une puissante forteresse gothique qui ensuite brûla en 1499. Ce fut au début du XVIe siècle que Sigismond Ier le Vieux chargea les architectes italiens Francesco Florentino et Bartolomeo Berecci de bâtir une nouvelle résidence qui est restée préservée jusqu’à nos jours.

Château de Wawel

Symbole de l’autorité royale pendant 6 siècles, le déplacement de la capitale de Cracovie à Varsovie en 1596 marque le déclin de Wawel. Pillé à partir de 1655 par les Suédois, les Russes et les Prussiens, il passa entre les mains des Autrichiens en 1796 qui le transformèrent en caserne. Il est racheté par les Polonais seulement en 1905, mais les travaux de restauration démarrent seulement en 1918, suite à l’indépendance du pays. En 1939, Hans Frank, le gouverneur nazi de Cracovie, s’y installe et la restauration du palais ne sera achevée qu’après la guerre.

Château de Wawel

Kazimierz, le quartier juif

Depuis la colline du Wawel, une promenade agréable le long de la Vistule mène jusqu’au quartier de Kazimierz, le quartier juif. Dans le labyrinthe de ses étroites ruelles pavées, Kazimierz offre la découverte d’une culture différente et fascinante, dans une atmosphère très spéciale.

Lieu d’histoire et de mémoire, Kazimierz concentre aujourd’hui l’un des plus grands nombres de monuments et de souvenirs de la culture juive et se présente comme le quartier juif historique le mieux préservé d’Europe. Plusieurs synagogues en témoignent.

Synagogue dans le quartier juif

Dans un tout autre registre, ce quartier fait partie des lieux de prédilection pour les sorties nocturnes de la jeunesse cracovienne. Atmosphère très spéciale de jour, ambiance bohème électrique de nuit…

Rynek Główny, la place du marché

Située au cœur de la vieille ville, la place du marché qui fait 200 mètres de long est l’une des plus vastes de l’Europe médiévale dont l’aménagement date de 1257.

Sur cette magnifique place animée à toute heure, on retrouve la basilique de Notre-Dame (sur laquelle est d’ailleurs affichée en ce moment le décompte avant les Journées Mondiales de la Jeunesse qui se tiendront en Pologne en 2016) et la halle aux draps, que je détaillerai un peu plus bas.

Place du marché

 

Pendant toute la semaine où nous avons séjourné à Cracovie, un petit marché au fleur avait lieu au centre la place. De plus, de nombreuses calèches proposent des promenades de 30 minutes aux touristes pour 100 zlotys, soit 25 euros.

Sukiennice, la halle aux draps

Véritable symbole de la ville, l’imposante silhouette de l’ancienne Halle aux Draps se dresse au centre de la place du marché. Construit au XIVème siècle et affecté au commerce du drap, il a été remanié à la Renaissance après un incendie.

A l’intérieur, on retrouve une véritable caverne d’Ali Baba avec une quantité incroyable d’artisans polonais qui commercialisent leurs confections. C’est aujourd’hui une véritable vitrine de l’artisanat local avec un grand nombre de stands de petite bijouteries qui proposent des bijoux en ambre baltique.

L’Abbaye de Tyniec

Située à environ 10 kilomètres de Cracovie, l’abbaye bénédictine de Tyniec est perchée sur une falaise surplombant la Vistule. Le cadre est magnifique, la visite agréable bien que l’on ne puisse visiter que la cour intérieure de l’Abbaye ainsi que l’église. En effet, le reste est fermé au public puisque le couvent est encore actif et accueille toujours une communauté religieuse

Vous pouvez vous y rendre en bateau ou en vélo pour profiter du paysage magnifique. Nous avons opté pour la seconde option, en vélo. Une longue piste cyclable va de Cracovie à Tyniec, en logeant la Vistule. Je vous recommande donc de louer des vélos (35 zlotys soit 9 euros pour 5 heures), la ballade est forte agréable.

La cuisine polonaise

La cuisine polonaise est composée en grande partie de soupes chaudes. Elles sont consistantes et les polonais ajoutent fréquemment dedans de la purée, des pommes de terre, des œufs ou de la viande pour en faire un plat à part entière. Les soupes à découvrir sont donc celles-ci :

Barczsz

Soupe de betteraves servie (ou non) avec une cuillerée de purée. Bien que je ne soie pas une grande fan de betterave à la base, j’ai adoré cette soupe typique ! Elle est très onctueuse, et la betterave apporte à l’ensemble une petite note sucrée qui n’est pas désagréable.

Barczsz

Zupa pomidorowa

Soupe de tomates contenant des petites pâtes. Etant donné que j’aime beaucoup la tomate, j’ai évidemment apprécie cette soupe dans laquelle j’ai retrouvé la pointe d’acidité propre à la tomate. Les pâtes présentes dans la soupe lui apporte la consistance nécessaire pour en faire un vrai plat.

Zupa pomidorowa

Pieczarkowa

Soupe de champignons servie avec des croûtons à l’ail. Cette soupe bien chaude et revigorante le soir et le velouté des champignons est exquis ! Je recommande, même si on en trouve aussi en France assez facilement.

La gastronomie polonaise est également composée de vrais plats (c’est-à-dire, autre chose que des soupes), souvent à base de pommes de terre, de chou et de porc. Voici donc le meilleur de la cuisine polonaise (ou en tout cas ce que j’ai eu l’occasion d’en goûter) :

Golabki : Chou farci

Le golabki est une feuille de chou farcie de hachis de viande et de riz. C’est de loin le plat que j’ai préféré parmi tous ceux que j’ai goûté. Très parfumé, le golabki que l’on m’a servi et que j’ai tant aimé était accompagné d’une sauce aux cèpes fraîches, un vrai délice ! Le goûte du chou n’est pas trop fort, je vous conseille vraiment de goûter ce plat typique !

Golabki

Pierogi

Les pierogi sont des raviolis qui peuvent être fourrés de différentes saveurs : chou et champignons, viande, pommes de terre et de fromage, ou de fruits tels que myrtille, fraise, framboise ou encore de prune. C’est un des plus fameuses spécialités du grand Est.

Pour ma part, j’ai goûté les piergoi aux champignons mais je les ai trouvé assez fades à mon goût, la pâte des pierogi étant assez molle. Persévérante, j’ai tout de même récidiver avec les pierogi au fromage blanc, et j’ai cette fois-ci adoré ! En effet, le petit goût aigrelet du fromage blanc accompagnait parfaitement le goût de la pâte des pierogi.

Goulash

Le goulash est un des plats les plus connus de l’Est de l’Europe. Même si ce n’est pas une spécialité à 100% polonaise, vous serez obligé d’en goûter.

Le goulash se présente donc sous forme de ragoût très savoureux. J’ai trouvé le goulash polonais bien relevé, et il est très bien accompagné par des pommes de terre et du chou.

Zapikenka

Le zapikenka est sortie de tartine sous forme de demi-baguette sur laquelle se trouve généralement une garniture composée de fromage et champignons, grillée au four. C’est un plat bon, copieux et bon marché, parfait pour manger sur le pouce le midi avant une nouvelle après-midi de visites.

Vous en trouverez à toutes les saveurs imaginables, allant du zapienka simple (comme sur la photo ci-dessous) à un zapienka garni à l’image des pizzas italiennes. Attention, la sauce mise par défaut est le ketchup, pensez à en demander une autre si vous n’aimez pas ça.

Zapikenka

Bigos

Le bigos est une choucroute, à laquelle on a rajouté plusieurs types de viande, de la saucisse, des champignons et des pruneaux. C’est un des plus anciens plats polonais, qui ne se compare pas avec la choucroute alsacienne.

Il se déguste traditionnellement nature, mais il est souvent servi aux touristes dans une miche de pain creusée, pour ajouter au folklore.

Enfin, pour ce qui est des desserts, vous ne serez pas en reste. Les polonais sont très fans de pavot et on en retrouve dans toutes sortes de desserts typiques, dont les makowiec. C’est une sortie de roulé au pavot. Il faut aussi citer le sernik, le cheesecake polonais, qui ne ressemble en rien à notre cheesecake habituel.

Stand de pâtisseries polonaises

Mon ressenti général

J’ai passé une excellent semaine sur le sol polonais. Il y a beaucoup de choses à découvrir, et le coût de la vie beaucoup plus faible qu’en France permet de s’en donner facilement les moyens. Cela faisait très longtemps que j’avais envie de découvrir la Pologne, et je n’ai pas été déçue. Quant au choix de Cracovie, je l’ai choisi sur les conseils d’une de mes amies qui est polonaise et qui m’a dit que cette ville avait plus de charme et était plus authentique que la capitale, Varsovie, qui fait plus “ville industrielle”.

Sinon j’ai juste été un peu étonnée de l’accueil des polonais qui était parfois distant, voir froid. En effet, c’est arrivé plusieurs fois qu’on nous réponde en polonais alors que nous leur parlions anglais, et même qu’on nous rende la monnaie dans un geste vraiment désinvolte. Mais bon, nous avons aussi croisé quelques polonais forts sympathiques qui étaient heureux de nous faire découvrir leur pays et leur culture. Apparemment, cet accueil mitigé des touristes est vraiment récent et s’explique en raison qu’ils sont victimes de leur succès et souvent fatigués et lassés à la fin de la période estivale.

La Pologne est donc un pays à connaître et à visiter, la ville de Cracovie en particulier (en même temps, je n’ai pas visité les autres villes donc difficile de comparer…). Une semaine à Cracovie me paraît la durée idéale, moins vous n’aurez pas le temps de tout faire, plus vous devrez louer une voiture pour aller plus loin dans les environs.

Et vous, avez-vous déjà visité Cracovie ? Qu’en avez-vous pensé ?

4 Commentaires sur “Une semaine à Cracovie, en Pologne

  1. Not parisienne says:

    Wahou quel article bien documenté! j’ai visité Cracovie il y a 2 ans et j’avais adoré et j’ai même ramené des livres de cuisine, je vais regarder si je trouve certaines de recettes que tu cites ^^

  2. Julie says:

    Merci, je suis contente que ça te plaise 🙂
    Si tu trouves des recettes dont j’ai parlé dans mon article je suis preneuse 😉

  3. Anonyme says:

    Bonjour, cet article est très intéressant il y a cependant une petit coquille qui s’y est glissée : ” sachant qu’un zloty correspond à peu près à 4 euros.” C’est l’inverse 1 euro = 4 zloty. 😉 . Bonne journée!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *